Comment faire émerger de nouvelles idées au sein d’une institution publique et, surtout, comment leur permettre de devenir des projets concrets ? C’est la question que s’est posée citydev.brussels en lançant T¡lt!, son nouvel incubateur d’innovation interne.
Créé il y a près d’un an à l’initiative de la direction, T¡lt! réunit douze collaborateurs et collaboratrices de citydev.brussels, issus de différents services, aussi bien opérationnels que transversaux. Tous participent volontairement à cette démarche qui cherche à décloisonner les métiers et à faire circuler les idées au sein de l’institution.
L’objectif n’est donc pas d’incuber des start-ups extérieures, comme le terme pourrait le laisser penser, mais bien d’incuber les idées produites au sein même de citydev.brussels : les identifier, les confronter, les développer et accompagner les équipes pour transformer les plus pertinentes en solutions concrètes.
En moins d’un an, T¡lt! a ainsi organisé douze séances de brainstorming à différents niveaux de l’institution. Plus de 200 idées ont été récoltées auprès du personnel. Elles touchent aussi bien à la conception et à la construction qu’à l’innovation technologique et sociale, à la planification urbaine ou encore à l’évolution des services publics.
Une institution qui revendique une tradition d’expérimentation
Pour citydev.brussels, T¡lt! s’inscrit dans une histoire plus longue. Depuis sa création en 1974, l’institution a régulièrement expérimenté de nouveaux modèles dans ses trois grands domaines d’activité : le développement économique, le logement conventionné et les projets urbains mixtes.
Citydev rappelle notamment son recours précoce à l’emphytéose, sa décision prise dès 2007 de privilégier les logements passifs ou basse énergie, ou encore la réalisation de Midi-Suède, premier ensemble de logements passifs bruxellois avant la généralisation de ce standard en Région bruxelloise.
Cette recherche de nouveaux modèles s’est poursuivie avec CityLine, qui associait dès 2013 logements et ateliers productifs, puis avec NovaCity, où cette mixité fonctionnelle s’organise verticalement. Elle s’est également traduite par le développement d’occupations temporaires, de fablabs publics ou encore par les expérimentations menées autour de l’économie circulaire.
Avec T¡lt!, citydev.brussels entend désormais donner un cadre permanent à cette culture de l’expérimentation.
Quatre jours pour mettre les idées à l’épreuve
La première manifestation visible de l’incubateur prendra la forme d’une Semaine de l’innovation, organisée du 14 au 17 septembre 2026. Durant quatre jours, les collaborateurs de citydev.brussels participeront à des visites, des ateliers et des rencontres avec des acteurs extérieurs afin de confronter leurs idées à d’autres expériences.
Innoviris, le laboratoire d’innovation publique fédéral Nidolab, l’incubateur EEBIC ou encore le Master en Innovation sociale de l’ESA Saint-Luc participeront notamment à cette première édition.
Deux sujets touchant directement aux enjeux actuels de la ville et de l’architecture seront également mis en débat.
Le premier concerne le logement abordable : comment continuer à inventer de nouvelles solutions alors que les moyens budgétaires sont de plus en plus contraints ? La discussion croisera notamment les expériences bruxelloises et européennes, avec des représentants du BMA, Cécile Hagmann, directrice générale de la Coop Foncière Île-de-France, et Nathalie Renneboog, directrice générale de la rénovation urbaine chez citydev.brussels.
Le second débat s’intéressera à la Low Tech dans le bâtiment. Organisée avec Ecobuild dans les locaux de Greenbizz, la rencontre réunira notamment Clément Gaillard, spécialiste français de la low tech et de la conception bioclimatique, Corentin Voglaire de MK Engineering, Andrew Janssens de FTI et Odile Vandermeeren d’Archisanat, représentante belge du mouvement Frugalité heureuse et créative.
À travers T¡lt!, citydev.brussels veut donc créer un espace où ses collaborateurs peuvent prendre du recul par rapport à leurs pratiques quotidiennes, confronter leurs expériences et tester de nouvelles manières de faire la ville.
Reste désormais l’étape la plus intéressante : voir, parmi les quelque 200 idées déjà récoltées, lesquelles parviendront à quitter l’incubateur pour se traduire concrètement dans les futurs projets bruxellois.
