Greenbizz II : un laboratoire bruxellois pour construire autrement

Avec Greenbizz II, citydev.brussels veut faire de la durabilité un terrain d’expérimentation grandeur nature. Pensé dès l’origine comme un projet pilote, le futur bâtiment va au-delà des normes bruxelloises actuelles en matière d’énergie, de circularité, de gestion de l’eau et de biodiversité. Une manière aussi d’anticiper les exigences européennes de demain.

Greenbizz II – vue perspective depuis la rue Zandbergen – © Boco studio for Générale Bc Architects

Greenbizz II n’a pas été imaginé comme un bâtiment tertiaire classique. Dès le cahier des charges, citydev.brussels a souhaité en faire un projet de référence capable de tester de nouvelles solutions constructives et environnementales. L’objectif est double : réduire au maximum l’impact du bâtiment tout au long de son cycle de vie, mais aussi tirer de cette expérience des enseignements susceptibles d’être reproduits dans de futurs projets.

Vers le zéro émission

L’ambition commence par la performance énergétique. Greenbizz II est conçu pour atteindre le standard zéro émission et anticiper les futures exigences PEB applicables aux bâtiments publics neufs.

Le projet privilégie pour cela une approche low-tech : enveloppe fortement isolée, protections solaires, rafraîchissement passif grâce à la ventilation naturelle ou encore récupération de chaleur. Deux pompes à chaleur assureront les besoins énergétiques, tandis qu’une installation photovoltaïque de 104 kWc, placée sur Greenbizz I, complétera la production locale d’énergie. L’apport de lumière naturelle a également été intégré comme un élément essentiel de la conception.

Réemployer plutôt que démolir

La circularité constitue un autre pilier du projet. Plusieurs éléments déjà présents sur le site seront conservés et réutilisés, notamment des pavés et des stationnements pour vélos. Des matériaux issus du réemploi — pierre naturelle, tôles ondulées ou dalles préfabriquées — trouveront également leur place dans le futur bâtiment.

Mais l’approche circulaire ne concerne pas uniquement les matériaux. Le bâtiment a aussi été pensé pour pouvoir changer d’usage. Une structure simple et des techniques adaptables doivent permettre de transformer les espaces sans recourir à des démolitions lourdes. La possibilité de reconvertir à terme certains ateliers en logements ou en espaces culturels a ainsi été envisagée dès la conception.

L’eau considérée comme une ressource

Greenbizz II entend également limiter son impact sur le cycle de l’eau. Les eaux pluviales seront retenues, infiltrées et réutilisées grâce à des noues et des citernes de stockage. L’ambition affichée est particulièrement forte : ne rejeter aucune eau de pluie dans le réseau d’égouttage public.

La gestion rationnelle de l’eau devra par ailleurs être prise en considération par les futures activités qui occuperont le bâtiment.

Un bâtiment compact pour laisser respirer le sol

La biodiversité a influencé jusqu’à la forme du projet. En concentrant le programme dans un bâtiment compact, les concepteurs cherchent à limiter son emprise au sol et à préserver davantage de pleine terre perméable.

Autour du bâtiment, la végétation fera appel à différentes espèces indigènes, à des arbres fruitiers, des haies et des plantes grimpantes. Des nichoirs, refuges pour chauves-souris et dispositifs destinés aux insectes doivent également permettre d’accueillir davantage de faune urbaine.

La toiture participera elle aussi à cette logique puisqu’elle sera entièrement consacrée à l’agriculture urbaine, avec des espaces cultivés en plein air et sous serre.

Piétons et cyclistes en priorité

Le projet cherche enfin à repenser la relation du bâtiment à l’espace public. Les flux logistiques seront séparés des déplacements quotidiens : livraisons, manutention et accès au parking souterrain emprunteront une rue dédiée entre Greenbizz I et Greenbizz II, tandis que les rues Claessens et Zandbergen ainsi que le parc donneront davantage de place aux piétons et aux cyclistes.

Greenbizz II prévoit ainsi seulement 30 places de stationnement automobile, contre 40 emplacements destinés aux vélos et vélos-cargos. Annexe_CP_Greenbizz II_env_FR

Une expérimentation à l’échelle européenne

Soutenu par le Fonds européen de développement régional (FEDER), Greenbizz II s’inscrit également dans les ambitions environnementales européennes. Le projet respecte le principe DNSH — Do No Significant Harm — qui impose qu’un investissement ne porte pas de préjudice significatif aux grands objectifs environnementaux. Il ambitionne également de s’aligner sur la taxonomie européenne en contribuant de manière substantielle à l’atténuation du changement climatique. Annexe_CP_Greenbizz II_env_FR

Plus qu’une accumulation de dispositifs techniques, Greenbizz II veut ainsi expérimenter une autre manière de construire : moins énergivore, plus réversible, plus attentive aux ressources et capable de faire évoluer ensemble architecture, usages et environnement.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. Découvrez comment les données de vos commentaires sont traitées.