Le télétravail serait-il en train de perdre du terrain ? C’est en tout cas l’une des principales tendances qui ressort de la deuxième édition du « Baromètre du bureau » réalisé par iVOX pour Befimmo auprès de 1 000 travailleurs belges et 200 étudiants.
En 2026, un travailleur belge sur trois ne souhaite plus jamais travailler à domicile. Ils sont désormais 33 %, soit huit points de plus qu’un an auparavant. Plus largement, 55 % des personnes interrogées déclarent ne plus jamais travailler depuis leur domicile, contre 46 % en 2025.
Même le vendredi, devenu depuis la pandémie le jour emblématique du télétravail, connaît un changement : la proportion de personnes travaillant à domicile ce jour-là passe de 28 à 22 %.
Les jeunes aussi veulent aller au bureau
La tendance ne concerne pas uniquement les travailleurs déjà présents sur le marché de l’emploi.
Chez les étudiants interrogés, 18 % déclarent vouloir travailler tous les jours au bureau lorsqu’ils entreront dans la vie professionnelle. Là aussi, la progression est de huit points en un an. À l’inverse, seuls 2,5 % envisagent désormais de travailler exclusivement à domicile, contre 8 % l’année dernière.
Mais pourquoi revenir au bureau ?
La première raison reste très humaine : 41 % des travailleurs citent la collaboration et les relations avec leurs collègues. Viennent ensuite l’accès à un meilleur équipement de travail (21 %) et la possibilité d’établir une frontière plus claire entre vie professionnelle et vie privée (19 %).
Le bureau conserve donc une fonction que les outils numériques ne semblent pas avoir réussi à remplacer : celle d’un lieu où l’on se rencontre et où l’on travaille ensemble.
Le retour au bureau pose la question de son architecture
Ce retour met cependant en évidence un autre phénomène : tous les bureaux ne se valent pas.
Les travailleurs se montrent même assez critiques envers leurs espaces professionnels. Seuls 26 % considèrent aujourd’hui que leur environnement de travail favorise leur créativité, soit neuf points de moins que l’année dernière. Ils ne sont que 42 % à estimer qu’il facilite le travail en équipe et 32 % qu’il leur permet de s’isoler lorsqu’ils ont besoin de calme.
L’étude montre surtout une différence importante selon la manière dont les espaces sont conçus.
Les environnements qui combinent espaces ouverts et espaces fermés obtiennent les meilleurs résultats : 64 % de leurs occupants considèrent pouvoir correctement s’y concentrer, 60 % estiment que l’aménagement favorise le travail en équipe et 45 % qu’ils peuvent facilement s’isoler.
À l’autre extrémité se trouve l’open space composé de postes de travail flexibles. Seuls 33 % de ses utilisateurs considèrent pouvoir correctement s’y concentrer. Et 51 % déclarent que le bruit et les distractions nuisent à leur productivité.
Un constat d’autant plus intéressant que seulement 12 % des employés de bureau belges travaillent aujourd’hui dans un environnement combinant réellement espaces ouverts et fermés.
L’enjeu ne serait donc pas nécessairement de construire des bureaux plus grands, mais de mieux concevoir et mieux répartir les espaces existants.
Le poste fixe fait de la résistance
Autre enseignement : malgré les années de promotion du « flex office », le poste de travail attitré conserve de sérieux avantages.
Parmi les personnes qui disposent d’un bureau fixe, 38 % souhaitent venir travailler au bureau tous les jours. Cette proportion tombe à seulement 13 % chez celles qui ne disposent pas de leur propre poste de travail.
Les difficultés de concentration suivent la même logique : elles concernent 35 % des personnes travaillant sur un poste flexible, contre seulement 15 % de celles disposant d’un bureau attitré.
Le retour au bureau ne signifie donc pas nécessairement le retour aux modèles d’aménagement développés avant la pandémie. Il pose au contraire la question de la qualité architecturale et du confort des espaces proposés aux travailleurs.
Teams et Zoom n’ont pas tué la réunion physique
La présence physique conserve également toute son importance lorsqu’il s’agit de se réunir.
À peine 1 % des travailleurs interrogés déclarent participer exclusivement à des réunions en ligne, tandis que 32 % les organisent exclusivement en présentiel.
Pour une rencontre importante avec un client ou un partenaire extérieur, 73 % préfèrent être physiquement présents. Et, contrairement à ce que l’on pourrait imaginer, ce sont les plus jeunes qui y sont les plus attachés : cette proportion atteint 81 % chez les 18-34 ans.
Les réunions virtuelles commencent d’ailleurs à montrer certaines limites. Les travailleurs concernés évaluent leur propre « fatigue numérique » à 6,1 sur 10.
Mais le problème pourrait surtout venir du nombre de réunions : près de deux employés de bureau sur trois considèrent que la moitié ou davantage des réunions auxquelles ils participent sont inutiles.
Le coworking continue de séduire les étudiants
Du côté des espaces de coworking, le fossé générationnel reste perceptible.
Chez les étudiants, 69 % se déclarent favorables au coworking, un résultat pratiquement inchangé depuis deux ans. Ils apprécient notamment l’ambiance, la possibilité de collaborer et la présence d’espaces de détente.
Les travailleurs sont beaucoup plus partagés : 38 % ont une opinion positive du coworking, 31 % une opinion négative et 32 % ne se prononcent pas.
La future génération de travailleurs exprime également des exigences plus fortes concernant l’environnement du bureau. 77 % des étudiants considèrent comme importante son accessibilité en transports en commun, contre 50 % des travailleurs actuels. Ils accordent également davantage d’importance aux engagements environnementaux de leur employeur, mais aussi à la proximité des commerces et des lieux de restauration.
Le bureau n’est donc pas mort
Cinq ans après l’explosion du télétravail provoquée par la crise sanitaire, le bureau ne semble finalement pas condamné à disparaître. Au contraire, le Baromètre de Befimmo indique un mouvement de retour vers le lieu de travail physique.
Mais ce retour s’accompagne d’une exigence nouvelle.
Les travailleurs ne demandent pas simplement un endroit où poser leur ordinateur. Ils veulent pouvoir se concentrer, s’isoler, rencontrer leurs collègues, collaborer et disposer d’espaces adaptés aux différentes activités de leur journée.
Une évolution qui replace finalement l’architecture et l’aménagement des lieux de travail au centre du débat : si les entreprises souhaitent faire revenir leurs collaborateurs au bureau, encore faut-il leur donner une bonne raison d’y venir.
Le Baromètre du bureau 2026 de Befimmo a été réalisé en ligne par iVOX du 3 au 13 juillet 2026 auprès de 1 000 travailleurs belges et 200 étudiants. Un volet complémentaire consacré à l’intelligence artificielle a également été réalisé auprès de 50 responsables RH et directeurs financiers.
