FAIR GROUND : La coopérative qui veut changer Bruxelles, brique par brique

A la veille de Batibouw, la coopérative Fair Ground Brussels lance une vaste opération de sensibilisation et de récolte de fonds. Elle entend garantir un prix immobilier abordable. Déjà propriétaire de 14 logements et 2 espaces associatifs, elle s’ouvre aux coopérateur·trices et répond à un manque criant dans la capitale.

“Aujourd’hui est un grand jour pour le Bruxelles de demain”, commente Coline Van der Vorst, coordinatrice. “Avec la coopérative Fair Ground, chaque Belge peut contribuer positivement à une ville dynamique, habitée et habitable.” 

La coopérative est dès aujourd’hui ouverte à tout·e coopérateur·trice désireux·se de contribuer à ce changement.

En dissociant le terrain du bâti, Fair Ground entend répondre de manière systémique aux enjeux de logement à Bruxelles et éviter toute spéculation immobilière. La coopérative utilise aussi ce mécanisme pour développer des lieux associatifs et au service de projets d’économie sociale (associations, initiatives artistiques).

50.000 ménages en attente pour 200 logements sociaux créés par an

« Nous souhaitons redynamiser notre capitale et, surtout, s’assurer que cela dure », développe Coline Van der Vorst, la coordinatrice de Fair Ground. “Il faut à présent 10 ans d’attente pour qu’un ménage accède à un logement social et 62% des Bruxellois·es sont locataires. Grâce à l’expertise de nos membres et notre concept, nous offrons à ces ménages ainsi qu’aux associations l’opportunité de sécuriser leur avenir au bénéfice de toustes.”

La coopérative Fair Ground Brussels a été lancée par 14 acteurs importants du secteur dont Les Petits Riens, l’Îlot, Crédal, le CLTB. De par leur expérience et leur connaissance du terrain, ils peuvent chiffrer l’actuelle crise du logement : 

  • 50.000 ménages sont en attente d’un logement social; 
  • 200 logements sociaux sont construits par an
  • Le loyer moyen d’un habitat de 2 chambres vaut deux tiers du salaire moyen bruxellois. [3]

Cela fait des années que cette crise frappe la Région et impacte principalement les personnes en situation de précarité qui vivent dans un logement inadéquat, surpeuplé ou n’en ont pas. Le secteur public a démontré qu’il ne pouvait malheureusement pas répondre seul à l’importante demande en logements sociaux. Et l’accès à un espace pour développer des projets associatifs ou accueillir des entreprises d’économie sociale est toujours plus difficile.

Prix abordable, avenir serein et vie de quartier plus active

Des solutions existent pourtant. “Le démembrement du sol et de la brique, c’est la garantie d’un prix abordable. En alliant logement privatif – principalement locatif – et accueil d’associations, Fair Ground répond à un manque dans le panorama bruxellois et assure à la fois un avenir serein aux habitant·es et une vie de quartier plus active”, appuie Esther Jakober, administratrice de la coopérative et collaboratrice de l’Ilot.

A l’image des projets à succès de Bellevilles à Toulouse, de la Fondation Edith Maryon en Suisse ou de Homebaked au Royaume-Uni juste en face du stade de football de Liverpool, Fair Ground entend transformer, brique par brique, Bruxelles. Son financement se fait par emprunt bancaire, émission d’obligations et prise de parts de la coopérative. Vu son profil d’avenir, elle pourrait s’étendre aux autres régions du pays, un projet similaire étant d’ailleurs en train d’émerger en Wallonie.

“Grâce à Fair Ground, j’ai la possibilité de vivre dignement, d’offrir à mes enfants un habitat sain, sans être étranglée par des loyers qui débordent”, témoigne Katrien Van Cappelen, membre du projet Angela D. soutenu par Fair Ground, et habitante de Calico, à Forest. “Je me rends compte que j’ai eu beaucoup de chance, et je chéris l’entraide salvatrice, les liens forts avec mes voisin·es et cette cohabitation à vocation sociale. Elle nous donne à moi et mes deux enfants, un sentiment de paix”, conclut-elle.

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