Pendant des années, l’hôtellerie a cherché à ouvrir ses espaces.
Les halls sont devenus des lieux de rencontre, les restaurants se sont ouverts sur la ville, les bars sont devenus des destinations et les lobbys se sont transformés en espaces de travail ou de convivialité.
Mais face à cette multiplication des usages, une autre attente semble aujourd’hui revenir au premier plan : celle de l’intimité.
Dans un monde saturé d’images, de sollicitations et de connexions permanentes, la chambre d’hôtel retrouve peut-être sa fonction la plus fondamentale : celle d’un refuge.
Habiter temporairement un lieu
Une chambre d’hôtel n’est pourtant pas une chambre comme les autres.
On n’y vit que quelques heures ou quelques jours. Il faut donc créer presque immédiatement un sentiment de confort, de sécurité et d’appropriation.
L’architecture intérieure joue ici un rôle essentiel.
La lumière, les matières, les textures, l’acoustique, les proportions ou encore la manière dont l’espace enveloppe le corps participent directement à cette sensation d’intimité.
La chambre ne doit plus seulement être fonctionnelle. Elle doit permettre au voyageur de ralentir, de se retirer et, parfois, de retrouver une forme de calme.
Quatre manières d’imaginer l’intime
C’est cette question qu’explore l’exposition Do Not Disturb, Éloge de l’intime, présentée dans le nouvel espace Exclusive Collection d’EquipHotel 2026.
Quatre créateurs aux profils très différents y disposent chacun de 30 m² pour proposer leur propre interprétation du refuge.
Avec Poids Plume, Jean-Michel Wilmotte et le Studio W&I travaillent la frontière entre matière et légèreté. Verre, céramique et plume composent une scénographie où la lumière, le son, les textures et même les effluves invitent le visiteur à ralentir.
L’espace ne cherche pas nécessairement à impressionner. Il tente plutôt de créer une sensation.
Une chambre dans la chambre
Paul Emilieu adopte une approche différente avec La Chambre Nomade.
Le designer et architecte d’intérieur imagine une véritable « boîte dans la boîte ». Des textiles suspendus à des étais détournés viennent créer une enveloppe à l’intérieur d’un espace existant.
L’intervention est légère, presque réversible.
Elle interroge la manière dont quelques éléments peuvent suffire à redéfinir une pièce, créer une distance avec son environnement et produire une nouvelle forme d’intimité.
Cette installation intègre également des principes d’économie circulaire, montrant que le confort et la sensation de refuge ne passent pas nécessairement par une accumulation de matériaux.
L’architecture comme enveloppe
Avec Abside, Maison A&G pousse encore plus loin cette idée d’enveloppement.
Les architectes d’intérieur imaginent un espace que l’on traverse, organisé autour d’un lit rond surmonté d’un dôme suspendu.
Les courbes, les teintes douces et la forme protectrice de l’ensemble cherchent à créer une bulle hors du temps.
Ici, l’architecture ne dessine plus seulement des limites entre différentes fonctions. Elle devient presque une enveloppe autour du corps.
Retrouver la nature
Enfin, Mathilde de l’Ecotais explore une autre forme de refuge : celui que peut procurer la nature.
Son installation À la source du refuge : l’eau prend la forme d’un espace situé entre le spa et la salle de bains.
Inspirée d’une série de photographies de poissons réalisée au Japon, la scénographie utilise des images de nageoires de fugu reproduites sur différents supports, du cuir aux mosaïques en passant par des nattes en paille.
L’intention est claire : créer un univers dans lequel le visiteur se sent protégé et enveloppé.
La démarche intègre également des préoccupations liées au recyclage ainsi qu’aux économies d’eau et d’énergie.
Le luxe de pouvoir s’isoler
Ces quatre propositions racontent finalement une même évolution.
Dans une hôtellerie de plus en plus ouverte, connectée et spectaculaire, le véritable luxe pourrait aussi résider dans la possibilité de s’extraire du monde.
Trouver du silence.
Une lumière apaisante.
Une matière agréable à toucher.
Un espace à sa propre échelle.
La chambre d’hôtel redevient alors ce qu’elle n’aurait peut-être jamais dû cesser d’être : un lieu temporaire, certes, mais suffisamment protecteur pour que l’on puisse, pendant quelques heures, avoir le sentiment d’être chez soi.
Plus d’infos :
Date : 2 au 5 novembre 2026
Lieu : Paris, Porte de Versailles
Site Internet : equiphotel.com
