Le 30 août 2026, Archi Urbain entame sa 21e saison. Une saison forcément particulière puisqu’elle marque également les 20 ans de l’émission.
Le 23 septembre 2006, Télé Bruxelles — devenue depuis BX1 — lançait un nouveau programme consacré à l’architecture et à la ville : Archi Urbain. Depuis, l’émission n’a cessé d’arpenter Bruxelles, la Belgique et bien au-delà pour rencontrer celles et ceux qui imaginent, dessinent, construisent, transforment et questionnent nos villes. Vingt années de projets, de rencontres, de chantiers et de débats qui racontent aussi l’évolution de notre manière d’habiter et de penser l’architecture.
Mais cet anniversaire n’est pas une invitation à regarder uniquement dans le rétroviseur. Car en vingt ans, les enjeux ont profondément changé. La question n’est plus seulement « qu’allons-nous construire ? », mais de plus en plus « comment allons-nous transformer ce qui existe déjà ? ». Comment rénover sans tout démolir ? Comment diminuer nos consommations d’énergie tout en préservant la qualité architecturale ? Comment utiliser des matériaux plus sains, récupérer les ressources présentes sur un chantier, mieux gérer l’eau, la lumière, l’air ou encore le confort thermique et acoustique de nos logements ?
C’est précisément tout l’enjeu du LaboNord, le laboratoire de la rénovation saine et durable lancé par Archi Urbain en 2024 et qui entre cette année dans sa troisième saison.
Après une première année consacrée aux rencontres et aux questionnements, puis une deuxième saison durant laquelle le bâtiment a été ausculté, démonté, étudié et confronté aux regards d’architectes, d’expert·es, d’entreprises et d’étudiant·es, le LaboNord entre désormais dans une nouvelle phase : celle des choix et de leur mise en œuvre.
Isolation, étanchéité à l’air, ventilation naturelle ou mécanique, acoustique, gestion et récupération de l’eau, lumière naturelle, réemploi, matériaux biosourcés, techniques constructives… Chaque décision devient l’occasion de poser une question, de confronter plusieurs solutions et surtout de comprendre leurs conséquences sur le bâtiment, ses habitant·es et son environnement.
Comme depuis vingt ans, Archi Urbain continuera parallèlement à quitter les murs du LaboNord pour visiter des réalisations exemplaires, rencontrer leurs architectes et observer comment ailleurs, d’autres répondent déjà aux mêmes interrogations.
Cette 21e saison sera également rythmée par une nouvelle série produite dans le cadre du LaboNord : Habiter la lumière. Réalisée en collaboration avec Joël Sels, « Doctor Daylight » chez VELUX, elle se compose de 30 épisodes qui seront diffusés tout au long de la saison. À partir de situations concrètes et du chantier du LaboNord, la série propose de mieux comprendre le rôle essentiel de la lumière naturelle dans l’habitat : où placer une ouverture, comment orienter une fenêtre, comment faire entrer davantage de lumière directe sans provoquer de surchauffe, comment éclairer les zones les plus profondes d’un logement ou encore comment penser les ouvertures en fonction des usages et des saisons ? Autant de questions qui montrent qu’une fenêtre n’est jamais un simple élément de façade, mais un véritable outil de conception capable d’agir sur le confort, la qualité des espaces et notre manière d’habiter.
Plus d’infos sur le LaboNord : Cliquez ICI.
L’émission Archi Urbain est diffusée sur BX1 :
- le dimanche à 18h45, en boucle jusque 23h30
- le jeudi à 23h45.
Vous trouverez le détail de la programmation dans la suite de cet article. Le programme ci-dessous est susceptible de modifications durant la saison. N’hésitez pas à revenir régulièrement voir l’agenda mis-à-jour et inscrivez-vous gratuitement à notre newsletter via le formulaire dans la colonne de droite. (voir ici à côté de l’article)
Ce programme est réalisé grâce au soutien de la Cellule d’architecture de la Fédération Wallonie-Bruxelles.
30 août 2026 – Émission 1
JASPAR / Entretien entre un architecte et un maître d’ouvrage
Pour ouvrir cette 21e saison, Archi Urbain propose une émission un peu particulière : en vingt ans, Mister Emma n’avait encore jamais consacré un épisode entier au dialogue entre un architecte et son maître d’ouvrage. À Saint-Gilles, il réunit Marc Ghysels, propriétaire d’une maison bruxelloise construite au XIXe siècle, et Vincent Pierret, architecte associé du bureau Ledroit Pierret Polet Architectes, pour revenir ensemble sur la rénovation du projet Jaspar. Ce qui devait initialement être une intervention relativement légère — mieux relier la cuisine et la salle à manger et adapter la maison aux usages contemporains — s’est progressivement transformé, au fil des échanges, en un projet beaucoup plus ambitieux portant sur la lumière, les circulations, le rapport au jardin, la performance énergétique ou encore le respect des différentes strates historiques du bâtiment. Mais l’émission raconte surtout ce qui se joue derrière les plans et le chantier : une relation de confiance entre celui qui conçoit et celui qui va habiter les lieux, faite de discussions, de choix, de compromis et parfois de remises en question. À travers Jaspar, Archi Urbain pose ainsi une question rarement abordée : un projet d’architecture est-il d’abord l’œuvre d’un architecte, ou le résultat d’un dialogue entre un architecte et son client ?

06 septembre 2026 – Émission 2
LABONORD / Bernard Capelle
Pour cette deuxième émission de la saison, Mister Emma reçoit l’architecte paysagiste Bernard Capelle afin de questionner le rôle que peuvent jouer les intérieurs d’îlot dans l’adaptation de nos villes aux épisodes de chaleur de plus en plus fréquents. Végétaliser, désimperméabiliser les sols, favoriser l’infiltration naturelle de l’eau et récupérer l’eau de pluie sont autant de gestes capables de transformer ces espaces souvent minéralisés en véritables îlots de fraîcheur. À partir du cas concret du LaboNord, la discussion interroge la manière dont un jardin urbain peut dépasser sa seule fonction d’agrément pour devenir un outil de régulation climatique, de gestion de l’eau et de soutien à la biodiversité. Une réflexion qui rappelle que la rénovation durable ne s’arrête pas aux murs d’un bâtiment : elle concerne aussi le sol qui l’entoure et la manière dont celui-ci participe au confort de toute la ville.
+ Épisode 1 de la série « Habiter la lumière » : Il fait sombre et je me sens mal, pourquoi ?

13 septembre 2026 – Émission 3
INVENTAIRES #5
Pour sa troisième émission de la saison, Archi Urbain feuillette le cinquième tome de la collection Architectures Wallonie-Bruxelles Inventaires, édité par la Cellule architecture de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Intitulé Quand l’architecture s’engage, ce nouvel ouvrage dresse un portrait de la création architecturale récente en Wallonie et à Bruxelles et s’interroge sur la manière dont l’architecture peut répondre aux grands enjeux sociaux et environnementaux de notre époque : comment faire société par l’espace, répondre aux défis du logement, considérer l’existant comme une ressource ou encore réconcilier éthique et esthétique ? À travers six essais et l’analyse de trente-sept projets, le livre met en lumière une sélection beaucoup plus large de pratiques qui expérimentent de nouvelles manières d’habiter, de construire et de transformer nos territoires. Archi Urbain vous propose d’en découvrir cinq dans cette émission. Et pour prolonger la visite, sept projets sont présentés plus en détail sur le compte Instagram Archi Urbain by Mister Emma.
+ Épisode 2 de la série « Habiter la lumière » : Pourquoi nos maisons sont-elles sombres ?

20 septembre 2026 – Émission 4
A2M / Mundo LLN
À Louvain-la-Neuve, Archi Urbain part à la découverte de Mundo LLN, un projet réalisé par le bureau A2M qui interroge la manière dont l’architecture peut devenir véritablement circulaire. Plutôt que de repartir d’une page blanche, les architectes ont conservé et intégré une ancienne grange au projet et développé autour d’elle quelque 2.300 m² d’espaces de travail destinés notamment à des ONG, associations et entreprises sociales. Structure en acier de réemploi, éléments en bois, briques, planchers, carrelages ou luminaires récupérés : ici, le réemploi devient un véritable système constructif. Le bâtiment, certifié Passive House Plus, associe également géothermie, ventilation double flux, récupération des eaux de pluie, lumière naturelle et aménagements favorisant la biodiversité. Mais Mundo LLN va plus loin encore en pensant dès aujourd’hui à ses transformations futures : sa trame modulaire, ses systèmes démontables et même certaines zones de parking ont été conçus pour pouvoir changer d’usage. Une réalisation qui pose une question essentielle pour le LaboNord : et si construire durablement consistait d’abord à construire avec ce qui existe déjà — et à prévoir ce que le bâtiment pourra devenir demain ?
+ Épisode 3 de la série « Habiter la lumière » : J’ai besoin d’espace – une extension est-elle la solution ?

23 septembre 2026 – 20 ans
Pour célébrer les 20 ans d’Archi Urbain, un premier cadeau est offert à toutes celles et ceux qui suivent l’émission depuis ses débuts — ou qui la découvrent aujourd’hui. Du 23 au 30 septembre 2026, les 8 films réalisés par Mister Emma et produits par Les Délires Productions seront exceptionnellement accessibles gratuitement en ligne. Huit films, huit histoires, huit regards portés sur l’architecture, la ville et celles et ceux qui les façonnent. Pendant une semaine seulement, Archi Urbain ouvre ainsi ses archives cinématographiques et invite son public à découvrir — ou redécouvrir — une partie de ces vingt années de rencontres, de tournages et de passion pour l’architecture.
27 septembre 2026 – Émission 5
OXY / Binst Architects
Luc Binst, CEO et architecte de l’agence anversoise Binst Architects, retrace d’abord l’évolution du bureau, dont il a progressivement repris les rênes après avoir rejoint Jo Crepain en 2005. Il explique avoir insufflé à l’agence une nouvelle dynamique, fondée sur davantage d’innovation, une réflexion conceptuelle plus forte et une identité affirmée, jusqu’au changement de nom en 2018 vers Binst Architects. À ses yeux, l’architecture est indissociable de l’ambition : chaque projet doit porter du sens, exprimer une vision claire et chercher à tirer le meilleur de son contexte, qu’il s’agisse d’une écriture sobre et rigoureuse ou, au contraire, d’une forme plus expressive et iconique.
Il défend une pratique ouverte et multidisciplinaire, où l’architecture dialogue avec le design de mobilier, l’architecture intérieure, l’urbanisme, le masterplanning et l’intégration artistique. Cette diversité nourrit selon lui la richesse du bureau et permet de concevoir chaque projet comme une œuvre cohérente, pensée dans les moindres détails, de l’idée initiale jusqu’à l’enveloppe du bâtiment. Luc Binst insiste également sur la vocation positive de l’architecture, qu’il considère comme un levier capable d’améliorer un quartier, de renforcer l’attractivité d’un lieu et de contribuer à la qualité de vie.
Enfin, il rappelle que le métier d’architecte est à la fois exigeant et passionnant. Il suppose de concilier créativité, sens de la médiation, maîtrise technique, connaissance des réglementations et capacité à naviguer dans un contexte de plus en plus complexe. Malgré ces contraintes, Luc Binst dit aimer profondément cette profession, précisément parce qu’elle permet de créer du sur-mesure, d’apporter une réelle valeur ajoutée à la société et de travailler collectivement avec une équipe qu’il décrit comme soudée, polyvalente et animée par une ambition commune.
