C’est une décision qui marque un tournant dans la politique internationale de la Région bruxelloise. Le gouvernement a validé, le 16 avril 2026, une réduction majeure du réseau étranger de hub.brussels, l’agence chargée d’accompagner les entreprises bruxelloises à l’international et de renforcer l’attractivité économique de la capitale. Au total, 14 bureaux sur 33 vont fermer, tandis que trois autres implantations seront désormais gérées à distance depuis Bruxelles.
Parmi les bureaux appelés à disparaître figurent Barcelone, Milan, Copenhague, Belgrade, Genève, Abou Dhabi, Hanoï, La Havane, Montevideo, San Francisco, Shanghai et Vancouver. S’ajoutent à cette réorganisation les postes de La Haye, Lille et Luxembourg, qui ne seront plus maintenus sur place mais suivis depuis Bruxelles. La Brussels House de Barcelone, emblématique pour de nombreux acteurs bruxellois présents – justement présents, lors de l’annonce, dans la capitale catalane pour une mission économique – fait donc partie des victimes de ce recentrage.
L’argument avancé par le gouvernement est avant tout budgétaire. Cette restructuration doit permettre d’économiser 3 millions d’euros dès 2026, puis d’atteindre 6 millions d’euros par an à l’horizon 2029. Environ 30 salariés seraient concernés par cette réorganisation. Le ministre-président Boris Dilliès a résumé la ligne de l’exécutif en estimant que le maintien de 33 bureaux à l’étranger constituait désormais un luxe que Bruxelles ne pouvait plus se permettre.
La mesure suscite toutefois de vives inquiétudes. Car derrière ces bureaux, il ne s’agit pas seulement d’adresses symboliques ou de vitrines diplomatiques. Le réseau international de hub.brussels joue un rôle concret d’appui aux entreprises : prospection de marchés, recherche de partenaires, compréhension des réglementations locales, implantation à l’étranger ou encore attraction d’investisseurs vers Bruxelles. L’agence rappelait encore récemment que les exportations représentent 33 % de la valeur ajoutée produite en Région bruxelloise et soutiennent 28 % des emplois.
Le contraste est d’autant plus frappant que hub.brussels présentait encore, en janvier, son plan d’action international 2026, articulé autour de 87 actions destinées à soutenir la croissance internationale des entreprises bruxelloises : missions économiques, salons, invitations d’acheteurs, événements sectoriels et séminaires. Cette décision acte donc un net changement de cap, avec un recentrage assumé sur un réseau jugé plus restreint, plus ciblé et plus soutenable financièrement.
Reste à mesurer l’effet réel de cette cure d’austérité sur la capacité de Bruxelles à défendre ses intérêts économiques hors de ses frontières. Car dans un monde où les villes se livrent une concurrence de plus en plus forte pour attirer talents, investissements et projets, réduire sa présence internationale n’est jamais un geste neutre. C’est un choix politique, budgétaire certes, mais aussi stratégique — et dont les conséquences se liront bien au-delà des économies annoncées.
