{"id":15638,"date":"2026-09-17T09:34:47","date_gmt":"2026-09-17T07:34:47","guid":{"rendered":"https:\/\/www.archiurbain.be\/?p=15638"},"modified":"2026-09-17T09:34:51","modified_gmt":"2026-09-17T07:34:51","slug":"larchitecture-palimpseste-francis-metzger-fait-du-temps-un-materiau-de-projet","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.archiurbain.be\/?p=15638","title":{"rendered":"\u00ab L\u2019Architecture palimpseste \u00bb : Francis Metzger fait du temps un mat\u00e9riau de projet"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Dans&nbsp;<em>L\u2019Architecture palimpseste \u2013 Le temps comme mat\u00e9riau<\/em>, Francis Metzger revient sur plus de trente ans de pratique pour d\u00e9fendre une architecture qui ne cherche ni \u00e0 figer le pass\u00e9 ni \u00e0 repartir de z\u00e9ro. De la Biblioth\u00e8que Solvay \u00e0 l\u2019Astoria, de la Royale Belge \u00e0 la Villa Empain, mais aussi de Bruxelles \u00e0 Kinshasa, l\u2019architecte interroge notre mani\u00e8re de lire, transformer et transmettre ce qui existe d\u00e9j\u00e0.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Un palimpseste est un manuscrit dont on a effac\u00e9 une premi\u00e8re \u00e9criture afin de pouvoir \u00e9crire \u00e0 nouveau sur le m\u00eame support. Si Francis Metzger choisit ce mot pour parler d\u2019architecture, ce n\u2019est pas seulement pour sa force po\u00e9tique. \u00c0 l\u2019origine, le parchemin \u00e9tait r\u00e9employ\u00e9 parce que la mati\u00e8re \u00e9tait trop pr\u00e9cieuse pour \u00eatre abandonn\u00e9e. C\u2019est pr\u00e9cis\u00e9ment de cette id\u00e9e que part son livre : <strong>comment continuer \u00e0 construire sans consid\u00e9rer le monde existant comme une mati\u00e8re jetable ?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Publi\u00e9 aux&nbsp;<strong>Impressions Nouvelles<\/strong>,&nbsp;<em>L\u2019Architecture palimpseste \u2013 Le temps comme mat\u00e9riau<\/em>&nbsp;est moins une monographie qu\u2019une r\u00e9flexion issue de la pratique. Francis Metzger y d\u00e9veloppe progressivement une mani\u00e8re d\u2019intervenir sur l\u2019existant : non pas conserver tout, non pas tout transformer, mais comprendre ce qui est d\u00e9j\u00e0 l\u00e0 afin de d\u00e9terminer ce qui m\u00e9rite de durer et ce qui peut \u00e9voluer. L\u2019ouvrage est pr\u00e9fac\u00e9 par Daniel F\u00fcgenschuh, pr\u00e9sident du Conseil des Architectes d\u2019Europe, et se cl\u00f4t par une conversation avec Elizabeth et Christian de Portzamparc.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><a href=\"https:\/\/www.archiurbain.be\/wp-content\/uploads\/2026\/09\/Invitation-LArchitecture-Palimpseste-6-octobre.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"726\" height=\"1024\" src=\"https:\/\/www.archiurbain.be\/wp-content\/uploads\/2026\/09\/Invitation-LArchitecture-Palimpseste-6-octobre-726x1024.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-15644\" srcset=\"https:\/\/www.archiurbain.be\/wp-content\/uploads\/2026\/09\/Invitation-LArchitecture-Palimpseste-6-octobre-726x1024.jpg 726w, https:\/\/www.archiurbain.be\/wp-content\/uploads\/2026\/09\/Invitation-LArchitecture-Palimpseste-6-octobre-213x300.jpg 213w, https:\/\/www.archiurbain.be\/wp-content\/uploads\/2026\/09\/Invitation-LArchitecture-Palimpseste-6-octobre-768x1084.jpg 768w, https:\/\/www.archiurbain.be\/wp-content\/uploads\/2026\/09\/Invitation-LArchitecture-Palimpseste-6-octobre-64x90.jpg 64w, https:\/\/www.archiurbain.be\/wp-content\/uploads\/2026\/09\/Invitation-LArchitecture-Palimpseste-6-octobre.jpg 907w\" sizes=\"auto, (max-width: 726px) 100vw, 726px\" \/><\/a><\/figure>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Des Marolles \u00e0 la Biblioth\u00e8que Solvay<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le livre commence pourtant loin des th\u00e9ories patrimoniales. Francis Metzger revient sur son enfance dans les&nbsp;<strong>Marolles<\/strong>, au pied du Palais de Justice. Un \u00e9difice monumental dont la construction a entra\u00een\u00e9 la d\u00e9molition d\u2019une partie du quartier et laiss\u00e9 une trace profonde dans la m\u00e9moire de ses habitant\u00b7es. Il raconte \u00e9galement son passage par l\u2019Ath\u00e9n\u00e9e Robert Catteau et une autre \u00e9cole, plus inattendue : celle des \u00e9checs. Joueur d\u00e8s l\u2019enfance, il y apprend \u00e0 anticiper, \u00e0 hi\u00e9rarchiser, \u00e0 sacrifier parfois une pi\u00e8ce pour pr\u00e9server l\u2019essentiel. Une mani\u00e8re de penser qu\u2019il retrouvera plus tard dans le projet architectural.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Son rapport au patrimoine na\u00eet, lui, presque par hasard. Au d\u00e9but des ann\u00e9es 1990, il remporte le projet de restauration de la <strong>Biblioth\u00e8que Solvay<\/strong>, face notamment \u00e0 Lucien Kroll. Le b\u00e2timent est alors mur\u00e9, squatt\u00e9, incendi\u00e9 et profond\u00e9ment d\u00e9grad\u00e9. Metzger y met progressivement au point ce qui deviendra l\u2019un des fondements de sa m\u00e9thode : croiser les archives, l\u2019observation mat\u00e9rielle du b\u00e2timent et son \u00e9tat technique avant de d\u00e9cider de toute intervention.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Cette exp\u00e9rience devient le point de d\u00e9part d\u2019une pratique consacr\u00e9e en grande partie \u00e0 la transformation de b\u00e2timents existants.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Lire, hi\u00e9rarchiser, d\u00e9cider<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le c\u0153ur du livre s\u2019organise autour de&nbsp;<strong>six gestes<\/strong>&nbsp;: lire, hi\u00e9rarchiser, d\u00e9cider, \u00e9crire, laisser ouvert et transmettre. Six \u00e9tapes qui ne constituent pas un protocole rigide, mais une m\u00e9thode extraite de l\u2019exp\u00e9rience des projets.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le premier consiste \u00e0&nbsp;<strong>lire<\/strong>. Avant de dessiner, il faut comprendre ce qui existe, parcourir les lieux, observer leur structure, leur lumi\u00e8re, leurs usages mais aussi leurs absences. Pour Francis Metzger, une photographie, un plan ou une archive ne suffisent jamais : l\u2019architecture doit aussi \u00eatre \u00e9prouv\u00e9e physiquement.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Vient ensuite le moment de&nbsp;<strong>hi\u00e9rarchiser<\/strong>. Tout ce qui est ancien ne poss\u00e8de pas automatiquement la m\u00eame valeur. Un b\u00e2timent peut contenir des \u00e9l\u00e9ments essentiels \u00e0 son identit\u00e9 et d\u2019autres qui ne sont que les traces successives de transformations ou d&rsquo;adaptations. Conserver ne signifie donc pas n\u00e9cessairement conserver davantage, mais \u00ab conserver mieux \u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La transformation de la&nbsp;<strong><a href=\"https:\/\/misteremma.com\/cinema-royale-belge-de-mister-emma\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Royale Belge<\/a><\/strong>, men\u00e9e avec Caruso St John, Bovenbouw et DDS+, permet \u00e0 Metzger d\u2019illustrer cette id\u00e9e. L\u2019enjeu n\u2019\u00e9tait pas de figer l\u2019ancien si\u00e8ge de la compagnie d\u2019assurances, ni de le consid\u00e9rer comme une enveloppe vide pouvant recevoir n\u2019importe quel programme. Il fallait identifier ce qui faisait r\u00e9ellement l\u2019\u0153uvre \u2014 sa structure, ses proportions, son rapport au paysage et ses grands espaces \u2014 pour permettre ensuite au b\u00e2timent d\u2019accueillir de nouveaux usages.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le troisi\u00e8me geste consiste \u00e0&nbsp;<strong>d\u00e9cider<\/strong>. Car l\u2019analyse ne peut pas tout r\u00e9soudre. \u00c0 un moment, l\u2019architecte doit prendre position. Le chantier du&nbsp;<strong><a href=\"https:\/\/caviar.archi\/tournay-solvay-brussels-belgium\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">ch\u00e2teau Tournay-Solvay<\/a><\/strong>, dont la toiture avait \u00e9t\u00e9 d\u00e9truite par un incendie en 1982, sert ici de cas d\u2019\u00e9cole. La lecture du b\u00e2timent permet d\u2019identifier ce qui doit \u00eatre restitu\u00e9 et ce qui peut, au contraire, faire l\u2019objet d&rsquo;une r\u00e9interpr\u00e9tation contemporaine.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">C\u2019est aussi l\u00e0 que Metzger revendique une forme d\u2019<strong>audace<\/strong>&nbsp;: travailler avec le patrimoine ne signifie pas s\u2019effacer. Une intervention contemporaine peut \u00eatre forte \u00e0 condition qu\u2019elle repose sur une connaissance suffisamment pr\u00e9cise du lieu.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">De l\u2019Astoria \u00e0 la Villa Empain : \u00e9crire une nouvelle couche<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Une fois la d\u00e9cision prise, encore faut-il lui donner forme. Francis Metzger parle alors d\u2019<strong>\u00e9criture<\/strong>&nbsp;et d\u00e9veloppe la notion de \u00ab coquille capable \u00bb : une architecture suffisamment pr\u00e9cise pour poss\u00e9der une identit\u00e9, mais suffisamment ouverte pour accueillir d\u2019autres usages et d\u2019autres transformations.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le livre traverse \u00e0 ce titre plusieurs r\u00e9alisations embl\u00e9matiques de son parcours : la&nbsp;<strong>Maison Autrique<\/strong>&nbsp;et la&nbsp;<strong><a href=\"https:\/\/www.archiurbain.be\/?p=4736\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">gare Centrale<\/a><\/strong>, deux \u0153uvres de Victor Horta appartenant \u00e0 des p\u00e9riodes radicalement diff\u00e9rentes ; Villalobar ; la Villa Empain ; mais aussi l\u2019Astoria.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L\u2019histoire du&nbsp;<strong><a href=\"https:\/\/misteremma.com\/cinema-grand-hotel-astoria-de-mister-emma\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Grand H\u00f4tel Astoria<\/a><\/strong>, aujourd\u2019hui Corinthia Grand Hotel Astoria, occupe une place particuli\u00e8re. Pour Metzger, restaurer peut parfois signifier retrouver une absence. La grande verri\u00e8re de deux \u00e9tages qui organisait autrefois le c\u0153ur de l\u2019h\u00f4tel avait disparu en 1947. Les archives, les vitraux conserv\u00e9s et la logique spatiale du b\u00e2timent ont permis d\u2019en comprendre l\u2019importance et d\u2019en proposer la restitution.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Mais le chantier raconte \u00e9galement la lenteur propre \u00e0 certains projets. Dix-sept ann\u00e9es s\u00e9parent les premi\u00e8res \u00e9tudes de l\u2019ouverture du b\u00e2timent. Entre-temps, le programme \u00e9volue : Corinthia reprend le projet en 2016 avec l\u2019ambition de recr\u00e9er un palace contemporain. Le temps du projet devient ainsi lui-m\u00eame l\u2019une des couches du palimpseste.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00c0 la&nbsp;<strong><a href=\"https:\/\/www.archiurbain.be\/?p=3783\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Villa Empain<\/a><\/strong>, restaur\u00e9e pour la Fondation Boghossian, une autre question appara\u00eet : comment un b\u00e2timent peut-il changer de fonction sans cesser d\u2019\u00eatre lui-m\u00eame ? Pour Metzger, la durabilit\u00e9 d\u2019une architecture ne r\u00e9side pas seulement dans la r\u00e9sistance de ses mat\u00e9riaux, mais aussi dans sa capacit\u00e9 \u00e0 accueillir des usages que ses concepteurs n\u2019avaient pas n\u00e9cessairement pr\u00e9vus.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>Le patrimoine appartient aussi \u00e0 celles et ceux qui l&rsquo;habitent<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Cette ouverture au temps conduit le livre vers une dimension sociale. Le cas de la<strong> Cit\u00e9-jardin de la Butte-Rouge<\/strong>, \u00e0 Ch\u00e2tenay-Malabry, permet \u00e0 Francis Metzger de remettre en question une vision trop fig\u00e9e du patrimoine : prot\u00e9ger les b\u00e2timents sans am\u00e9liorer les conditions de vie de leurs habitant\u00b7es reviendrait \u00e0 trahir l&rsquo;intention m\u00eame du projet initial, profond\u00e9ment sociale. La question n&rsquo;est donc plus seulement de savoir ce qu&rsquo;il faut conserver, mais comment continuer \u00e0 habiter un patrimoine du XXe si\u00e8cle sans le nier ni le transformer en mus\u00e9e \u2014 c&rsquo;est l&rsquo;un des fils rouges de l&rsquo;ouvrage : une architecture ne s&rsquo;arr\u00eate pas lorsque l&rsquo;architecte quitte le chantier.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Vient enfin le temps de transmettre. L\u00e0, Metzger \u00e9largit la notion de patrimoine : transmettre ne signifie pas forc\u00e9ment transmettre une mati\u00e8re intacte. \u00c0 travers les <strong>Serres royales de Laeken<\/strong>, mais aussi <strong>le sanctuaire japonais d&rsquo;Ise<\/strong>, reconstruit p\u00e9riodiquement, le livre interroge ce qui constitue r\u00e9ellement l&rsquo;authenticit\u00e9 d&rsquo;une architecture \u2014 sa mati\u00e8re, sa forme, son savoir-faire, ou la continuit\u00e9 d&rsquo;un geste.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>D\u00e9centrer le regard<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le septi\u00e8me chapitre, \u00ab D\u00e9centrer \u00bb, vient volontairement bousculer la m\u00e9thode \u00e9labor\u00e9e jusque-l\u00e0. Francis Metzger confronte son exp\u00e9rience europ\u00e9enne du patrimoine \u00e0 d&rsquo;autres contextes, notamment en Afrique subsaharienne \u2014 non pour y chercher un mod\u00e8le \u00e0 importer, mais pour remettre en question certaines \u00e9vidences occidentales. \u00c0 Kinshasa, il observe des b\u00e2timents continuellement adapt\u00e9s, divis\u00e9s, sur\u00e9lev\u00e9s ou r\u00e9affect\u00e9s : l\u00e0 o\u00f9 l&rsquo;Europe voit souvent le patrimoine comme un \u00e9tat \u00e0 pr\u00e9server, ces architectures sont d&rsquo;abord des ressources capables de continuer \u00e0 servir. Le temps n&rsquo;y appara\u00eet plus comme une menace pour le b\u00e2timent, mais comme un mat\u00e9riau de sa transformation.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Cette r\u00e9flexion s&rsquo;\u00e9largit \u00e0 trois architectes aux d\u00e9marches tr\u00e8s diff\u00e9rentes mais convergentes : Francis K\u00e9r\u00e9, qui travaille \u00e0 partir des ressources et du climat local ; Wang Shu, dont le mus\u00e9e de Ningbo r\u00e9emploie des mat\u00e9riaux issus des destructions ; et Balkrishna Doshi, dont le projet Aranya a \u00e9t\u00e9 progressivement transform\u00e9 par ses habitant\u00b7es. Le palimpseste cesse alors d&rsquo;\u00eatre une mani\u00e8re de parler du patrimoine pour devenir une m\u00e9thode \u00e9cologique : r\u00e9parer, r\u00e9employer, prolonger les b\u00e2timents plut\u00f4t que recommencer syst\u00e9matiquement \u00e0 partir de z\u00e9ro.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Construire, c\u2019est aussi accepter l\u2019inachev\u00e9<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Dans l\u2019\u00e9pilogue, intitul\u00e9&nbsp;<strong>\u00ab Pers\u00e9v\u00e9rer \u00bb<\/strong>, Francis Metzger revient une derni\u00e8re fois sur la temporalit\u00e9 particuli\u00e8re du m\u00e9tier d\u2019architecte. Certains projets se construisent apr\u00e8s des ann\u00e9es d\u2019attente ; d\u2019autres ne verront jamais le jour. Ils n\u2019en disparaissent pas pour autant.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Il \u00e9voque notamment&nbsp;<strong>la Dixi\u00e8me Boule<\/strong>, projet imagin\u00e9 autour de l\u2019Atomium mais jamais r\u00e9alis\u00e9. Ces architectures rest\u00e9es \u00e0 l\u2019\u00e9tat de dessins, d\u2019\u00e9tudes ou d\u2019hypoth\u00e8ses constituent elles aussi des couches invisibles de la ville et de la pens\u00e9e de l\u2019architecte.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Au terme du livre, le \u00ab palimpseste \u00bb appara\u00eet donc moins comme une th\u00e9orie de la restauration que comme une mani\u00e8re de consid\u00e9rer l\u2019ensemble de l\u2019architecture. Un b\u00e2timent arrive toujours apr\u00e8s quelque chose et sera presque toujours transform\u00e9 apr\u00e8s nous. L\u2019enjeu n\u2019est d\u00e8s lors ni de sanctuariser l\u2019existant ni de c\u00e9l\u00e9brer la nouveaut\u00e9 pour elle-m\u00eame, mais de&nbsp;<strong>savoir lire ce qui est l\u00e0, reconna\u00eetre ce qui compte, intervenir avec suffisamment de justesse pour que d\u2019autres puissent, un jour, continuer l\u2019histoire<\/strong>.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">C\u2019est peut-\u00eatre l\u00e0 que r\u00e9side la proposition centrale de Francis Metzger :&nbsp;<strong>faire du temps non plus l\u2019ennemi de l\u2019architecture, mais l\u2019un de ses mat\u00e9riaux.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Francis Metzger, un fil rouge dans l\u2019histoire d\u2019Archi Urbain<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La lecture de&nbsp;<em>L&rsquo;Architecture palimpseste<\/em>&nbsp;r\u00e9sonne aussi avec l&rsquo;histoire d&rsquo;Archi Urbain : une grande partie des projets que Francis Metzger convoque pour construire sa r\u00e9flexion ont accompagn\u00e9 l&rsquo;\u00e9mission au fil des ann\u00e9es. La rencontre remonte \u00e0 la cinqui\u00e8me saison, et depuis, Mister Emma a r\u00e9guli\u00e8rement suivi le travail de l&rsquo;architecte \u00e0 travers des \u00e9missions consacr\u00e9es \u00e0 la Gare Centrale, au ch\u00e2teau Tournay-Solvay ou \u00e0 la Villa Empain \u2014 trois b\u00e2timents qui posent d\u00e9j\u00e0 les questions au c\u0153ur du livre : que faut-il conserver ? Que peut-on transformer ?<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Cette relation s&rsquo;est prolong\u00e9e \u00e0 travers deux films : l&rsquo;un sur la transformation de la Royale Belge, ancien si\u00e8ge d&rsquo;assurances devenu programme mixte, l&rsquo;autre sur le chantier exceptionnel du Grand H\u00f4tel Astoria, devenu Corinthia Brussels.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Il y a d\u00e8s lors quelque chose de particulier, pour Archi Urbain, \u00e0 ouvrir\u00a0<em>L&rsquo;Architecture palimpseste<\/em>\u00a0: on y retrouve des b\u00e2timents visit\u00e9s \u00e0 plusieurs reprises, des chantiers suivis pendant des ann\u00e9es, des questions pos\u00e9es au fil des entretiens.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full\"><a href=\"https:\/\/www.archiurbain.be\/wp-content\/uploads\/2026\/09\/Photo-FM.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"667\" height=\"1000\" src=\"https:\/\/www.archiurbain.be\/wp-content\/uploads\/2026\/09\/Photo-FM.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-15645\" srcset=\"https:\/\/www.archiurbain.be\/wp-content\/uploads\/2026\/09\/Photo-FM.jpg 667w, https:\/\/www.archiurbain.be\/wp-content\/uploads\/2026\/09\/Photo-FM-200x300.jpg 200w, https:\/\/www.archiurbain.be\/wp-content\/uploads\/2026\/09\/Photo-FM-60x90.jpg 60w\" sizes=\"auto, (max-width: 667px) 100vw, 667px\" \/><\/a><\/figure>\n<\/div>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Dans&nbsp;L\u2019Architecture palimpseste \u2013 Le temps comme mat\u00e9riau, Francis Metzger revient sur plus de trente ans de pratique pour d\u00e9fendre une architecture qui ne cherche ni \u00e0 figer le pass\u00e9 ni \u00e0 repartir de z\u00e9ro. De la Biblioth\u00e8que Solvay \u00e0 l\u2019Astoria, de la Royale Belge \u00e0 la Villa Empain, mais aussi de Bruxelles \u00e0 Kinshasa, l\u2019architecte interroge notre mani\u00e8re de lire, transformer et transmettre ce qui &hellip; <a href=\"https:\/\/www.archiurbain.be\/?p=15638\" class=\"more-link\">Continuer de lire <span class=\"screen-reader-text\">\u00ab L\u2019Architecture palimpseste \u00bb : Francis Metzger fait du temps un mat\u00e9riau de projet<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_monsterinsights_skip_tracking":false,"_jetpack_newsletter_access":"","_jetpack_dont_email_post_to_subs":false,"_jetpack_newsletter_tier_id":0,"_jetpack_memberships_contains_paywalled_content":false,"_jetpack_feature_clip_id":0,"_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":"","jetpack_post_was_ever_published":false},"categories":[3377,15,2252,35,3378],"tags":[1244,167,6327,1255,6326],"class_list":["post-15638","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-agenda","category-architectures","category-belgique-2","category-bruxelles","category-publication","tag-carriere","tag-francis-metzger","tag-impressions-nouvelles","tag-livre","tag-larchitecture-palimpseste"],"jetpack_sharing_enabled":true,"jetpack_featured_media_url":"","_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.archiurbain.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/15638","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.archiurbain.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.archiurbain.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.archiurbain.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.archiurbain.be\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=15638"}],"version-history":[{"count":6,"href":"https:\/\/www.archiurbain.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/15638\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":15646,"href":"https:\/\/www.archiurbain.be\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/15638\/revisions\/15646"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.archiurbain.be\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=15638"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.archiurbain.be\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=15638"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.archiurbain.be\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=15638"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}